PlayTime

PlayTime, de Jacques Tati

  • Film de Jacques Tati
  • Avec Jacques Tati, Barbara Dennek
  • Genre : Comédie
  • Durée : 2h05

Monsieur Hulot se rend dans un nouvel immeuble construit tout en verre pour un rendez-vous avec Monsieur Giffard. Alors qu’il se perd dans les divers et immenses couloirs et bureaux, il fait la connaissance d’une jeune américaine en vacances à Paris. Tous deux se rendent à l’inauguration de l’immeuble mais le cocktail tourne à la catastrophe…

Bande-annonce

Notes

Échec commercial à sa sortie, éreinté par certains critiques comme Henry Chapier qui le qualifie de « navet monumental », il est considéré par beaucoup comme le chef-d’œuvre du cinéaste et même, pour certains (David Lynch, par exemple), comme l’un des plus grands films de l’histoire. C’est un film ambitieux dans sa forme (dialogues secondaires, mouvements géométriques et circulaires millimétrés frôlant l’abstraction, jeux de reflets incessants, métaphores enchaînées) et qui fut toutefois salué à sa sortie par Le Monde ou Le Nouvel Observateur.

Tati s’était montré extrêmement perfectionniste au cours du tournage, au point d’épuiser parfois son équipe. Il avait fait reconstituer une ville moderne entière, « Tativille », sur un terrain vague près des Studios de Joinville-le-Pont, par une centaine d’ouvriers en bâtiment qui utilisèrent 1200 m2 de vitres, 3500 m2 de revêtements plastiques, 3000 m2 de bois et 45000 m2 de béton.

Le tournage dura près de trois ans (d’octobre 1964 à octobre 1967).
Plus tard, il voulut transformer ces décors en une école de cinéma, certains producteurs l’ayant sollicité pour y tourner d’autres films. Les autorités en charge des terrains et de Joinville ne lui laisseront pas l’occasion d’y rester, Tati sera chassé, et par dépit, il jettera le manuscrit de son scénario sous les décors au cours des opérations de démolition, lancées malgré la promesse d’André Malraux qu’ils pourraient être recyclés à d’autres usages.

Du fait de l’échec commercial (refus du marché américain de le distribuer en dépit de son Oscar pour « Mon Oncle ») et du coût énorme du film (entre 3 et 10 millions d’euros actuels selon le critique Stéphane Goudet), la société de production de Tati fit faillite et ce dernier fut un temps dépossédé de ses droits : il mettra près de dix ans à essayer de recouvrer son indépendance financière, mais la maladie le rattrapera. Il put néanmoins dans la foulée réaliser deux autres films, dont « Trafic » avec l’immortel Monsieur Hulot.

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