Terra Incognita

Terra Incognita

À Beyrouth, des trentenaires voient leurs destins se croiser : Haïdar, un animateur radio solitaire et effacé ; Nadim, un architecte idéaliste ; Soraya, une guide touristique qui sillonne le pays et disparaît chaque nuit avec des inconnus ; Leïla, qui hésite entre un mysticisme illuminé et un athéisme désenchanté ; et Tarek, un ami de retour d’exil.

Les personnages se retrouvent comme suspendus, coincés au présent. Ils n’osent pas regarder derrière eux, et encore moins se projeter en avant. Une génération déboussolée, qui peine à se reconstruire, à l’image de Beyrouth.

Un troublant flottement identitaire émerge de cette construction en mosaique faite de bribe de vies, de pensées, de mouvements silencieux et butés, de vues disparates sur la ville, soit recrachant des morceaux du passé, soit ravalant tout sous les façades des immeubles fraichement construits.

Les Inrockuptibles

 

Terra incognita est cet autoportrait en forme de ville : la forme éclatée du récit, ses liaisons fragiles, ses fissures, son côté mille-feuilles, ne parlent que de cela. Beyrouth et Salhab ne sont pas de bois, ni de béton armé : à peine une glaise qu’il faut malaxer longtemps afin qu’elle forme des émotions.

Libération

Sélection officielle du festival de Cannes dans la catégorie « un Certain Regard » 2002

La projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Danielle Arbid et l’architecte Marc Barani.

Danielle Arbid : Née à Beyrouth en 1970, Danielle Arbid quitte le Liban à l’âge de 17 ans pour s’installer en France où elle étudie la littérature comparée et le journalisme. Elle réalise des films depuis 1997. Ses films sont sélectionnés par de nombreux festivals et reçoivent chacun un très bon accueil critique, ainsi que des prix comme le Léopard d’Or et le Léopard d’argent vidéo au festival de Locarno ainsi que le prix Albert-Londres et la Villa Médicis hors les murs. Ses deux longs-métrages Dans les champs de bataille et Un homme perdu sont tour à tour sélectionnés au festival de Cannes en 2004 et en 2007 à la Quinzaine des réalisateurs. En 2011, elle tourne Beirut hotel téléfilm pour Arte, sélectionné en compétition officielle au festival de Locarno.

Marc Barani : Né en 1957 à Menton, Marc Barani étudie l’architecture à l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille d’où il est diplômé en 1983. Il crée son agence à Nice en 1989. En 1990, il est diplômé en scénographie à la Villa Arson. En 1992, Marc Barani reçoit sa première commande publique, avec l’extension du cimetière de Saint-Pancrace, à Roquebrune-Cap-Martin. En 2008, il est lauréat du Prix de l’Équerre d’argent – qui est à l’architecture ce que le Goncourt est à la littérature – pour la réalisation du pôle multimodal du tramway de l’agglomération niçoise. Cinq ans plus tard, en 2013, il est de nouveau consacré par le Grand prix national de l’architecture.

 

Festival Ville et Cinéma de la Maison de l'Architecture en Ile de France : «Intimité», du 23 au 26 juin 2015