PlayTime

Playtime - Ville et Cinéma

Monsieur Hulot se rend dans un nouvel immeuble construit tout en verre pour un rendez-vous avec Monsieur Giffard. Alors qu’il se perd dans les divers et immenses couloirs et bureaux, il fait la connaissance d’une jeune américaine en vacances à Paris. Tous deux se rendent à l’inauguration de l’immeuble mais le cocktail tourne à la catastrophe…

PlayTime fût un échec commercial à sa sortie. Éreinté par certains critiques comme Henry Chapier qui le qualifia de « navet monumental » est considéré par beaucoup comme le chef-d’œuvre du cinéaste et même, pour certains (David Lynch, par exemple), comme l’un des plus grands films de l’histoire. C’est un film ambitieux dans sa forme (dialogues secondaires, mouvements géométriques et circulaires millimétrés frôlant l’abstraction, jeux de reflets incessants, métaphores enchaînées) et qui fut toutefois salué à sa sortie par Le Monde ou Le Nouvel Observateur.

Jacques Tati s’était montré extrêmement perfectionniste au cours du tournage, au point d’épuiser parfois son équipe. Il avait fait reconstituer une ville moderne entière, « Tativille », sur un terrain vague près des studios de Joinville-le-Pont, par une centaine d’ouvriers en bâtiment. Le tournage durera près de trois ans.

Du fait de l’échec commercial (pas de distribution américaine) et du coût énorme du film (entre 3 et 10 millions d’euros actuels selon le critique Stéphane Goudet), la société de production de Jacques Tati fît faillite et ce dernier fût un temps dépossédé de ses droits. Il mettra près de dix ans à essayer de recouvrer son indépendance financière, mais la maladie le rattrapera. Il put néanmoins dans la foulée réaliser deux autres films, dont Trafic.

Festival Ville et Cinéma de la Maison de l'Architecture en Ile de France : «Intimité», du 23 au 26 juin 2015