Le Monde, la chair et le Diable

Le monde, la chair et le diable

Ralph Burton est technicien des mines. Lors d’une mission, il se retrouve bloqué par un éboulement. Poussé par son instinct de survie, il parvient à se dégager et à regagner la surface. Une fois dehors, c’est un paysage d’apocalypse qui s’étend sous ses yeux, un monde dépeuplé, immobile et figé.
Burton comprend à la lecture d’un journal abandonné qu’un nuage radioactif a décimé la population. Il pénètre dans un New-York désert et commence à penser à sa survie et au moyen de trouver d’éventuels survivants…

Adapté d’un roman d’anticipation de Matthew Philipps Shiel, The Purple Cloud, le film a été produit pendant la Guerre Froide, et en même temps que se déroulait la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis. D’où les thèmes évoqués : la fin d’une civilisation, les dangers du nucléaire, mais aussi la violence, l’idée d’un paradis terrestre à reconstruire et le racisme.

Producteur et instigateur du projet, Henri Belafonte reste fidèle à ses engagements de l’époque, ceux d’un militant pacifique de la première heure aux côtés de Martin Luther King. Le personnage principal du film est un survivant noir abandonné à la recherche d’autres rescapés, mais sujet à l’appréhension : celle de rencontrer d’autres survivants encore imprégnés de ségrégation raciale.

«Atypique dans la production de science-fiction des années 90 (globalement anti-rouge avec grosses bébêtes obligatoires), ce film singulier d’un cinéaste peu connu se méfie à juste titre du spectaculaire. Il se contente de filmer l’après-catastrophe : un homme seul marche dans une ville en ruine. (…) Le cinéma américain ne manque pas de visions d’apocalypse ; celle-ci, par son dépouillement et ses silences, hante longtemps.»
Aurélien Ferenczi (Télérama)

Festival Ville et Cinéma de la Maison de l'Architecture en Ile de France : «Intimité», du 23 au 26 juin 2015