Synopsis
Après un éboulement au fond d’une mine en Pennsylvanie, Ralph Burton attend des secours qui n’arrivent pas et finit par se libérer seul des décombres. De retour à la surface, il découvre que toute trace de vie humaine semble avoir disparu après le passage d’un nuage radioactif. En route pour New York, il traverse des avenues désertes, s’organise et récupère ce dont il a besoin dans les magasins, tirant derrière lui un chariot au pied des gratte-ciels abandonnés… Est-il vraiment le seul survivant de l’humanité ?
A propos du réalisateur
Ranald Mac Dougall naît le 10 mars 1915 à Schenectady dans l’état de New York. Dès 1945 il devient scénariste pour les plus grands réalisateurs : Michael Curtiz (Le Roman de Mildred Pierce - 1945, Le Roi du tabac - 1950, Trafic En haute mer – 1950 adapté du roman d’Ernest Hemingway To Have and Have not et La Cuisine des anges – 1955 ; Raoul Walsh (Aventures en Birmanie - 1945) ; Alfred Hitchcock (Le Grand alibi - 1950) et Byron Haskin (Quand Le marabunta gronde - 1954). En 1955 il passe à la réalisation et dirige Joan Crawford dans Une Femme diabolique, adapté du roman Queen Bee d’Edna L. Lee. En 1957, il collabore une première fois avec la MGM, le producteur Sol C. Siegel et l’actrice Inger Stevens pour Man on Fire, et les retrouve pour son prochain film : Le Monde, la Chair et le Diable (1959) entourés d’Harry Belafonte et de Mel Ferrer. En 1960 il met en scène Les Rats de caves, d’après le roman de Jack Kerouac The Subterraneans et en 1961 dirige Gina Lollobrigida et Ernest Borgnine dans Volupté. Peu après il revient à l’écriture et collabore avec Joseph L. Mankiewicz au scénario de Cléopâtre (1963). Il réalise son dernier film Cockeyed Cowboys of Calico County en 1970 et meurt le 12 décembre 1973 à Los Angeles.
Notes sur le film
Adapté du roman d’anticipation de Matthew Philipps Shiel The Purple Cloud, le film dépeint la destruction de la Terre par une couche de gaz empoisonné. Produit pendant la Guerre Froide et au moment des luttes pour les droits civiques aux Etats-Unis le film aborde plusieurs thèmes : la fin d’une civilisation, les dangers du nucléaire, mais aussi la violence, l’idée d’un paradis terrestre à reconstruire et surtout le racisme.
Producteur et instigateur du projet, Henri Belafonte reste fidèle à ses engagements de l’époque, militant pacifique et non violent de la première heure aux côtés de Martin Luther King. Ralph Burton, seul survivant noir à la recherche d’autres rescapés , hurle son désespoir dans New-York abandonné mais appréhende aussi l’idée de retrouver d’autres survivants toujours victime de la ségrégation raciale et du regard des autres.
Atypique dans la production de SF des années 90 (globalement anti-rouge avec grosses bébêtes obligatoires), ce film singulier d’un cinéaste peu connu se méfie à juste titre du spectaculaire. Il se contente de filmer l’après-catastrophe : un homme seul (Harry Belafonte, épatant) marche dans une ville en ruine. (…) Le cinéma américain ne manque pas de visions d’apocalypse ; celle-ci, par son dépouillement et ses silences, hante longtemps.
(Aurélien Ferenczi, Telerama, 1999)
« Une drôle de rareté SF américaine, quelque part entre Le Survivant avec Charlton Heston et Paris qui dort de René Clair. (…). Cet étrange objet largement oublié, à la fois pur produit de la SF parano des fifties (tendance eschatologie nucléaire) et parabole étrange sur la question raciale américaine, plutôt fine et assez radicale pour l’époque. «
(Jérôme Momcilovic dans Chronicart)
Ce film sera au programme de la prochaine édition du festival Ville et Cinéma.