De bruit et de fureur

De bruit et de fureur

De bruit et de fureur raconte l’histoire de Bruno, enfant des banlieues et des HLM à la scolarité difficile, plongé dans la violence de son milieu, et dont la vie se consume comme une étoile filante.

César du Meilleur jeune espoir masculin attribué à François Négret, 1989

Je suis né dans Ies HLM et j’ai connu la délinquance. Et quand je suis tombé sur mes élèves à Bagnolet, j’ai vraiment découvert une réalité, une violence que je n’aurais jamais soupçonné. Ce film a d’abord été une sorte d’interrogation sur la réalité nouvelle à laquelle j’avais à faire face et au fur et à mesure que j’avançais, je me suis rendu compte qu’il y avait un film plus profond à faire.
Jean-Claude Brisseau

 

La violence n’est jamais plaquée, jamais gratuite ; elle semble suinter comme naturellement de l’espace et des corps ; elle nous atteint en pleine poitrine, spectateurs cloués à notre fauteuil, impliqués que nous sommes dans cette jungle d’avant l’homme.

Les Cahiers du Cinéma

 

La projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Dominique Cabrera et l’architecte Paul Chemetov, animée par Stéphane Füzessery, professeur d’Architecture et d’Histoire.

Dominique Cabrera est née à Relizane, en Algérie, et arrive en France en 1962. Après des études de lettres, elle entre à l’IDHEC. En 1981, elle réalise son premier court-métrage, J’ai droit à la parole, où l’on voit comment les locataires d’une cité de transit en banlieue parisienne s’organisent. Depuis, les documentaires qu’elle a réalisés l’ont fait connaître pour le regard original qu’elle sait porter sur la vie sociale, comme pour Chronique d’une banlieue ordinaire, Une poste à La Courneuve ou encore Rester là-bas, dans lequel elle aborde l’un de ses thèmes privilégiés, les liens entre la France et l’Algérie, à travers le retour de ceux qui sont restés « là-bas ».

En 1995, elle réalise son premier long-métrage, Demain et encore demain, un film autobiographique, journal d’une cinéaste en proie à l’angoisse et au bonheur. En 1996, elle dirige Claude Brasseur dans L’Autre côté de la mer, un film sur le déracinement de la communauté des pied-noirs et sur les algériens contraints à l’exil. En 1999, elle tourne Nadia et les hippopotames. Suivront Le Lait de la tendresse humaine (2001) et Folle embellie (2004). En 2012, elle réalise une coproduction entre France 2 et La Comédie Française ça ne peut pas continuer comme ça!, fiction politique inspirée de la crise de la dette. En 2013 elle présente à la sélection Acid à Cannes Grandir un nouveau long-métrage autobiographique. Elle prépare l’adaptation au cinéma du livre de Maylis de Kérangal Corniche Kennedy.

Paul Chemetov entre en 1961 à l’atelier d’urbanisme et d’architecture. Il sera professeur à l’école d’architecture de Strasbourg, à l’école nationale des ponts et chaussées puis à l’école polytechnique de Lausanne. 

L’architecte est surtout connu pour avoir réalisé une partie du Forum des Halles. On lui connait d’autres réalisations remarquables comme l’ambassade de France à New-Delhi, le ministère de l’Economie, de l’industrie et des finances à Paris, la rénovation de la galerie de l’évolution du Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris

Paul Chemetov a réalisé de nombreux logements sociaux à Saint-Ouen (opérations Arago Zola en 1975, Robespierre en 1978, Pasteur en 1980) ainsi que des maisons individuelles dans le passage Robespierre en 1991. Il obtient le Grand prix national de l’architecture en 1980.

Il écrit de nombreux ouvrages dont La fabrique des villes en 1992 et Mille mots pour la ville en 1996.

 

Festival Ville et Cinéma de la Maison de l'Architecture en Ile de France : «Intimité», du 23 au 26 juin 2015