Festival Ecrans Urbains – Lausanne (du 28 février au 4 mars 2018)

AFFICHE LAUSANNEEcrans Urbains est un festival suisse imaginé, conçu et coordonné par Aldo Bearzatto et Hervé Bougon à la demande de la CUB.

S’associant à la CUB, une nouvelle fondation lausannoise dédiée à l’architecture, l’ingénierie, l’urbanisme, le patrimoine et le paysage, la Cinémathèque suisse contribue à l’élaboration d’un nouveau rendez-vous cinématographique en Suisse romande qui a lieu cette année du 27 février au 4 mars. Dans le prolongement des projections du cycle «L’architecture à l’écran» organisées par la revue Tracés, la Cinémathèque suisse accueille Ecrans urbains, un événement qui explore les liens entre la ville, l’architecture, le paysage et le cinéma.

Ecrans urbains propose des projections, des rencontres, des débats et des installations, afin d’aborder le thème de la ville sous un angle innovant et original, s’adressant tant à des professionnels qu’à un large public.

Premier évènement culturel de ce type en Suisse, Ecrans urbains a pour thème «Les mutations des villes». Organisé dans plusieurs salles et lieux d’exposition (Casino de Montbenon, Vidy, Zinéma, F’ar, Capitole), ce panorama donnera à voir, par le biais de films de fiction et de documentaires, le phénomène urbain dans sa complexité spatiale, sociale, constructive et historique. Des débats et des rencontres avec les cinéastes s’efforceront de saisir les jeux de stratifications, de glissements et de débordements qui témoignent de la ville dans son évolution.

Cet événement va également aller à la rencontre de ces métropoles mondialisées au développement exponentiel. Villes de flux, de l’apparat, de l’informe et de l’imaginaire, villes tentaculaires, obsédantes. Villes en guerre, meurtries, en déclin ou renaissantes. Villes d’échanges, villes ouvertes ou murées contre des ennemis réels et imaginaires. Villes scindées, dupliquées, oubliées et réinventées. Villes bâties aux dépens du paysage et villes devenues elles-mêmes paysages. Villes qui reconduisent des inégalités sociales que l’on croyait dépassées, mais aussi, pour certaines d’entre elles, qui luttent contre les dystopies écologiques qu’elles constituent. Ces parcours filmiques mèneront finalement à la question de l’espace public, réel et symbolique. Un espace abusivement privatisé, mais aussi bien réapproprié lors de soulèvements, ou encore délaissé dans les métropoles en déclin. Dans ces conditions, comment imaginer, concevoir et habiter la ville du troisième millénaire? Comment se projeter dans cette autre cité immatérielle que constituent les réseaux sociaux et les applications intelligentes qui structurent le fonctionnement des villes?

Autant de questions qui se posent également aux cités de l’arc lémanique, engagées depuis une quinzaine d’années dans un nouvel élan de développement qui s’efforce de répondre à la croissance économique et démographique de la région, tout en la conjuguant avec des impératifs paysagers et écologiques.

La soirée d’ouverture se tiendra dans la salle du Capitole et celle de clôture aura lieu au Vidy. Le programme complet sera dévoilé courant janvier 2018 (www.villeetcinema.com).

L’équipe d’Ecrans urbains

« Home Sweet Home » au Forum des Images (Déc 2016 – Janvier 2017)

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LA MAISON ET LA MORT

Il y a peu de maisons heureuses à l’écran. Dans le cinéma fantastique ou d’horreur, elles sécrètent d’affreux mystères (Poltergeist de Tobe Hooper, Psychose d’Alfred Hitchcock). Liées à la mort et aux fantômes (Beetlejuice de Tim Burton), aux terreurs enfantines (Les Autres d’Alejandro Amenábar), les maisons hantées incarnent aussi les angoisses de leurs habitants (Shining de Stanley Kubrick). Les intérieurs anxiogènes des films de Roman Polanski (Le Locataire, La Jeune Fille et la Mort ou Répulsion) sont les lieux de tous les dangers sans qu’on sache toujours s’il s’agit d’un complot ou de la paranoïa des personnages.

À DOUBLE TOUR

Quand les clefs de la maison sont entre les mains d’une seule personne, qui ferme la porte à double tour pour en séquestrer d’autres (Le Château de la pureté d’Arturo Ripstein), la maison devient prison (L’Obsédé de William Wyler). Pour ces prisonnières – car ce sont souvent des femmes -, tenues cachées, enfermées, « le château devient lieu de l’initiation et le seuil du monde invisible » (La Belle et la Bête de Jean Cocteau).

Une programmation élaborée par Muriel Dreyfus, avec Javier Martin. (Source : Forum des Images). Pour en savoir plus

Le Forum des images ouvre le site web « Paris CinéMa Région »

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Berceaux du 7ème art, la Ville Lumière et ses environs bénéficient d’une aura cinématographique enviée par beaucoup : difficile donc d’envisager meilleur moyen pour (re)-découvrir la ville la plus visitée et filmée au monde.

En partenariat avec la Région Île-de-France, le Forum des images lance le portail Paris Cinéma Région : un site unique où, comme son nom l’indique, la capitale et la région se dévoilent à travers le spectre du cinéma et de l’image animée. Pour le plus grand plaisir de tou.te.s, cinéphilie, actualités, balades touristiques et découvertes inédites se mêlent et offrent leur lot de secrets et d’histoires inédites (source : Forum des Images)

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Le Corbusier : Mesures de l’homme

Le Centre Pompidou consacre une exposition à l’œuvre de Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier. Architecte et urbaniste visionnaire, théoricien de la modernité, mais aussi peintre et sculpteur, Le Corbusier a profondément marqué le 20e siècle en bouleversant la création architecturale et la façon « d’habiter ». Le Centre Pompidou invite le public à comprendre tout l’œuvre de cette grande figure de la modernité à travers la notion de proportion humaine, le corps humain s’imposant comme un principe universel définissant toutes les dimensions de l’architecture et de la composition spatiale … (Crédits photos : Robert Doisneau)

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Exposition « Revoir Paris » par François Schuiten et Benoît Peeters

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La Cité de l’Architecture et du Patrimoine propose une exposition de François Schuiten et Benoît Peeters, auteurs des Cités Obscures. Dans cette exposition, ils font dialoguer leurs vision futuriste de la Ville Lumière, avec une sélection de dessins d’architectes et de projets d’urbanisme conçus pour Paris depuis deux siècles. La métamorphose de Paris depuis les travaux d’Haussmann, est illustrée par des documents historiques originaux confrontés aux planches de leur dernier album Revoir Paris. Aux dessins et documents originaux s’ajoute un écran circulaire de grande dimension accueillant une projection 3D interactive, en partenariat avec l’Institut Passion for Innovation de Dassault Systèmes. (Cité de l’Architecture et du Patrimoine)

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Cycle Nouvel Hollywood

A partir du milieu des années 60, le cinéma américain est à bout de souffle.

Les recettes traditionnelles des grosses productions n’attirent plus la jeunesse et la concurrence de la télévision dans les foyers va plonger l’industrie hollywoodienne dans le doute et l’incompréhension.

C’est alors qu’une génération de jeunes cinéastes va prendre d’assaut les studios hollywoodiens (la citadelle hollywoodienne). Influencés par la nouvelle vague et le cinéma réaliste européen, ces apprentis réalisateurs, grâce à des nouvelles caméras beaucoup plus légères, vont sortir dans la rue, raconter leurs histoires: filmer leur époque…

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Cinemacity : Paris vu par le 7ème Art

Cinémacity - Arte

Cinémacity – Arte

Paris est sans doute l’une des villes les plus filmées au monde et le cinéma s’est beaucoup nourri de son charme et de ses mystères. Rares sont les places, rues ou quartiers qui n’ont pas été imprimés par la pellicule. Rares sont les balades parisiennes sans évocations cinématographiques, riches, variées et inscrites dans nos mémoires. De René Clair à Woody Allen en passant par la Nouvelle Vague, Cédric Klapisch, Jean-Pierre Jeunet et bien d’autres encore, Paris a souvent inspiré les cinéastes du monde entier. Mais jusque là, il fallait faire appel à sa mémoire pour associer un lieu à une scène de film.

Le pôle web d’Arte France et le studio Small Bang ont imaginé l’application Cinemacity qui permet justement de voyager dans Paris à travers le cinéma. Cinemacity géolocalise dans Paris des extraits de films à ­l’endroit même où ils ont été tournés. Des balades sont ­proposées aux utilisateurs pour découvrir la ville à travers le cinéma. Une belle trouvaille pour raviver la mémoire cinématographique de Paris et se promener autrement.

Réédition « Intégrale Jacques Tati »

Jacques Tati

Les Films de Mon Oncle

 

 

 

 

 

 

Studio Canal et Les Films de Mon Oncle viennent de sortir l’intégrale Jacques Tati dans un superbe coffret en version restaurée. Ce très bel objet présente les 6 films et 7 courts métrages du cinéaste architecte, grande figure du comique français et subtil observateur de son époque. Ville et Cinéma apprécie tout particulièrement ce grand inventeur, sensible et généreux, auteur des célèbres Jour de fête, Mon Oncle ou bien encore PlayTime. Le coffret comprend également des suppléments passionnants, concoctés par LE spécialiste de Jacques Tati, Stéphane Goudet.

« Detroit, portrait d’une capitale déchue » par la Bibliothèque du Centre Pompidou

Photo Yves Marchand & Romain Meffre

Photo Yves Marchand & Romain Meffre

Detroit, portrait d’une capitale déchue est le titre d’un dossier consacré par la bibliothèque du Centre Pompidou à la « Motor city ». Ce document explore les multiples facettes de cette ville à l’aune de sa récente banqueroute.

Détroit, 03 décembre 2013 : celle qui fut l’une des capitales du 20ème siècle est officiellement déclarée en faillite. Avec une dette de 18,5 milliards de dollars, désormais célèbre pour la suppression de ses services de première nécessité et ses gigantesques ruines industrielles, la principale ville du Michigan souffre des effets secondaires de l’american way of life. Et croit en sa guérison prochaine. Portrait en autant de surnoms, des plus affectueux aux plus cinglants, que lui ont donnés les médias et ses habitants, les Detroiters (…).
Bibliothèque du Centre Pompidou

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Étude : Grand Écran à Paris et à Londres : quelle géo-économie du cinéma?

Étude : Grand Écran à Paris et à Londres : quelle géo-économie du cinéma?

Vaea Deplat et Marjorie Wiest nous font l’honneur de mettre à la disposition de Ville et Cinéma une passionnante étude sur l’économie du cinéma et en particulier sur l’histoire et la géographie du cinéma à Paris et à Londres. Ce travail très documenté met en perspective deux économies du cinéma, deux géographies et analyse leurs évolutions à travers l’histoire du 7ème art. Comment le cinéma s’invente dans la cité, quels sont les enjeux économiques liés à la naissance des mutliplexes dans ces deux grandes villes ?
Autant de thématiques qui sont au cœur des questions liées au cinéma et au développement culturel et urbain.

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La Fabrique Urbaine

la-fabrique-urbaine-logo-RVB-225x275La Fabrique urbaine explore les coulisses de la ville et décrypte l’actualité urbaine.
Une fois par mois, nous partons à la découverte de la ville avec la rencontre d’universitaires, d’écrivains, d’artistes et de ses décideurs afin de mieux cerner les enjeux de la ville du XXIe siècle.
Rencontres, échanges et débats sur les enjeux de la ville agrémentent les émissions.
La Fabrique Urbaine est une émission de radio imaginée, conçue et animée par Aldo Bearzatto.

Emission #7 : Pour cette émission de rentrée, nous partons à la (re)découverte des maisons bulles qui se sont développées en France et en Suisse dans les années 60 et 70. Pour nous en parler, nous sommes très heureux d’accueillir Raphaëlle Saint-Pierre pour son dernier ouvrage « Les maisons bulles. Architectures organiques des années 1960 et 1970 » (Ed. du patrimoine: Carnets d’architectes. 2015). Un voyage dans le temps mais pas seulement !

Nous verrons ainsi les préoccupations environnementales de ces architectes hors normes et de leurs influencesdans l’auto construction. La dernière partie est une revisite des « Ailes du désir » de Wim Wenders par Nicolas Tixier.

Musiques : Soldout – It’s a sin / Las Aves – N.E.M

Emission #6 : Pour cette dernière émission de la saison, nous partons à la rencontre de l’historienne en architecture Alma SMOLUCH qui a publié un ouvrage passionnant sur les Villages Vacances Familles (VVF) dans la collection Carnets d’Architecture aux éditions du Patrimoine. Véritable promenade au cœur des Trente Glorieuses, Alma Smoluch propose une synthèse stimulante de cette aventure architecturale et sociale originale.

Dans la seconde partie nous retrouvons la traditionnelle chronique cinéma de Nicolas Tixier.

Musiques : Okou – To be the one / Norma – Girl in the city

Emission #5 : Dans le cadre de la Biennale Internationale d’Architecture de Lyon, l’équipe de La Fabrique Urbaine vous a concocté un numéro spécial au plus proche de l’actualité !

Au programme, plusieurs rencontres. La première avec le co-président de la Biennale Franck Hulliard qui nous expliquera l’intérêt de développer une biennale à Lyon.

La suivante est une rencontre avec l’architecte et réalisateur Guillaume Meigneux qui a réalisé le documentaire « HLM, habitation légèrement modifiée », qui traite de la rénovation de la tour Bois-le-Prêtre au nord de Paris par l’équipe Druot-Lacaton et Vassal. A travers plusieurs portraits de locataires, ce documentaire illustre la métamorphose d’un immeuble, dans ce qu’elle comporte de plus intime, le « chez-soi ».

Le dernier entretien est une rencontre avec l’architecte, réalisateur et producteur Naïm Aït-Sidhoum de fictions dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble. Ancienne utopie urbaine de la fin des années 60 et lieux de tensions réguliers avec les forces de l’ordre, la Villeneuve est représentée sous un jour nouveau. Naïm Aït-Sidhoum montre la richesse et la diversité du quartier sans pour autant se voiler la face sur les difficultés du quartier.

Musiques : Adriano Celentano – Svalutation / Emiliana Torrini – Jungle Drum

Emission #4 : Rencontre avec Francesco Della Casa, architecte. Publication de « Bien sûr, Chicago », édition Furor, 2017
Chronique cinéma par Nicolas Tixier.

Musiques : Patrice & The studio school voices NYC – Want it back & Alani – Ol’ fashioned Kiss

Emission #3 : Rencontres avec le réalisateur Florent Tillon qui a consacré deux documentaires aux villes de Detroit (« Detroit Ville sauvage ») et de Las Vegas (« Las Vegas meditation ») et le journaliste Philippe Gagnebet. Il nous fait part dans son ouvrage Réinventer la ville : les (R)Evolutions de Darwin à Bordeaux de l’expérience de transformation urbaine de l’ilot Niel. Cet ouvrage est publié aux Ateliers Henry Dougier en 2016. Chronique cinéma par Nicolas Tixier.

Musiques : Honey Sauce Band – Boy toy & Kat Edmonson – Rainy day woman

Emission #2 : Rencontre avec Thierry Paquot, philosophe de l’urbain suite à la publication de son ouvrage « Désastres urbains, Les villes meurent aussi » aux Editions La Découverte, 2016. Chronique cinéma par Nicolas Tixier.

Musiques : Kid Francescoli – Prince Vince (Raw Looping Edit) & Darondo – Didn’t it

Emission #1 : Rencontre avec Francois Chaslin pour son ouvrage « Un Corbusier », publié en 2015 aux éditions du Seuil.
Chronique cinéma par Hervé Bougon. 

« Les Terrasses » de Merzak Allouache

affiche_film_les_terrassesLe dernier film de Merzak Allouache «Les Terrasses», sorti en France ce mois-ci, rencontre déjà un beau succès depuis sa présentation à Venise en 2013. L’auteur de « Chouchou », « Le repentis » et « Harragas » donne une peinture assez sombre de la société algérienne, malgré le cadre et l’atmosphère enivrante des terrasses d’Alger.

Le film se déroule à travers cinq histoires, cinq lieux et cinq moments particuliers d’une journée. Il s’agit de cinq terrasses situées dans les quartiers historiques du centre d’Alger et des cinq temps de la journée que découpent les prières quotidiennes de l’Islam. Les thèmes sont la corruption, la drogue, la jeunesse désenchantée, l’islamisme rampant, les traumatisme des années noires du terrorisme, et la violence faite aux femmes passée et présente…

Le découpage spatio-temporel, au delà d’un simple procédé de dramaturge, nous plonge dans l’univers social et urbain de la Méditerranée. Les toits des villes d’orient, comme celui de « L’immeuble Yacoubian »*, ont la capacité de réunir dans un espace minimal, un maximum d’histoires, car les terrasse de ces villes sont des espaces essentiellement sociaux. Loin d’être des lieux privés, éloignés de la sphère publique, l’usage des toits-terrasses est essentiel à l’urbanité : les protagonistes se partagent cet espace, y cohabitent ou se rencontrent dans ces lieux, où se nouent et se dénouent les drames cachés de la société.

La ville orientale n’est pas comme la ville européenne, surdéterminé par la distinction des espaces publics et privés. La distinction se fait entre le bâti ouvert et fermé, l’espace public existant comme point de rencontre entre les deux ; c’est l’espace creux dans le bâti : le souk, le hammam, la cour intérieur, la terrasse, qui sont avant tout des espaces sociaux fondés sur l’échange. Loin de l’effervescence des rues, la terrasse est donc une zone d’intimité et de contact où peut naître un autre regard sur la société et émerger un discours critique : un regard suffisamment distancié pour exister, tout en demeurant profondément inscrit dans la chair de de la cité.

Judith

* Roman de l’écrivain égyptien Alaa al-Aswany publié en 2002

Festival Ville et Cinéma de la Maison de l'Architecture en Ile de France : «Intimité», du 23 au 26 juin 2015