Festival Ville et Cinéma « Mégalopoles »

  • Date : Avril 2010
  • Lieu : Nantes (cinéma Katorza)

Pour cette édition du festival Ville et Cinéma « Mégalopoles », nous avons choisi d’aborder 5 facettes de ces villes-monde :

  1. Voyage à Los Angeles
  2. Polars Urbains
  3. Regards sur Tokyo
  4. Visages de Téhéran
  5. Mutations Chinoises

Une quinzaine de films et des rencontres avec des professionnels du cinéma et de l’urbain ont été proposés au public pendant quatre jours.

« Depuis sa naissance, en 1895, le cinématographe « fictionne » la ville, la transfigure, la magnifie ou au contraire la rend inquiétante, terrifiante, avec de subtils éclairages, des cadrages particuliers, des reconstitutions en studio, des manipulations… Le cinéma attribue à la ville une ambiance. Chaque spectateur qui déambule sur un trottoir revit une scène entrevue et fait son cinéma. Un appartement, une façade d’immeuble, un hall de gare, un grand hôtel, un bar suffisent pour déclencher mille et un souvenirs cinéphiliques. Mais à chaque fois, il s’agit d’un site facile à délimiter, à faire entrer dans le champ de la caméra, au pire en usant du travelling ou de la vue panoramique, comme Naples au début de Main basse sur la ville ou New-York dans le générique époustouflant de West Side Story, sans oublier Marseille dans La ville est tranquille.

 

D’une certaine façon, la ville est cinématographique comme on dit d’une star qu’elle est photogénique. Mais filmer une ville plus-que-ville, une méga-ville, une mégalo-ville, vous savez ces vastes territoires urbains dessinés par les innombrables itinéraires entrelacés des habitants, par la géographie hors sol des flux qui les traversent en permanence, par la cartographie changeante de ses réseaux, comment faire ? Convient-il de posséder une méga-caméra, mettre en branle une méga-équipe de tournage, solliciter une méga-production avec un méga-budget et surtout engager un méga-réalisateur ?

 

Les mégalopoles constituent des emboîtements de « villes » et de vides aux emplacements mouvants. Elles possèdent certainement un coin de rue qui est familier à une poignée d’habitants, mais sa référence est la démesure. Comment alors filmer la démesure ? Rendre compte de ce qui échappe à la stabilité d’une situation narrative et s’éparpille sans cesse en un jeu heurté de mobilités disjointes et souvent contraires ? C’est là où le talent du réalisateur intervient : donner à voir ce que le regard ne peut pas d’un seul coup d’œil embrasser : dompter la mégapole, la remodeler, l’inscrire dans un cadre élastique. Les paysages mégalopolitains de Tokyo, Shanghai, Téhéran, ou encore Los Angeles, supposent des parcours, des échappées, des horizons. Leurs limites s’affichent sans limites. C’est cela qui déroute le spectateur avant qu’il ne distingue l’espace/temps de la ville de celui de la mégalopolis. Bons voyages au sein de ces mégapoles dont l’empreinte filmique appartient déjà au passé, tant les mutations les conditionnent. »
Thierry Paquot (Philosophe de l’urbain)

Programmation

  • Chungking Express

    Chungking Express - Ville et Cinéma

    L’histoire de deux flics lâchés par leur petite amie. Le matricule 223 qui se promet de tomber amoureux de la première femme qui entrera dans un bar à Chungking House où il noie son chagrin. … Lire la suite

  • Disorder

    Disorder_2

    Disorder est un film construit comme une mosaïque de petites vignettes dont est exclue toute narration linéaire. Les événements, incidents et accidents filmés sont découpés en courtes séquences qui ne permettent jamais de saisir vraiment … Lire la suite

  • Téhéran

    Teheran_2

    Ibrahim a quitté sa province et sa famille pour tenter sa chance à Téhéran. Mais dans cette jungle urbaine où tout se vend, tout s’achète, le rêve peut rapidement virer au cauchemar. Mêlé à un trafic … Lire la suite

  • The savage eye

    Savage eye - Ville et Cinéma

    La caméra suit Judith dans les rues de Los Angeles. Récemment divorcée, elle tente de refaire sa vie. Au cours de ses pérégrinations, elle va faire d’étranges rencontres dans le milieu des fanatiques religieux, des … Lire la suite

Intervenants

  • Sepideh Farsi

    Sepideh Farsi

    Sepideh Farsi vit entre Paris et Téhéran depuis 1984. Après des études de mathématiques et quelques années de pratique photographique, elle réalise des courts-métrages de fiction et des documentaires, dont Homi D, Sethma, Filmmaker qui rencontre un grand succès. Elle réalise un premier long métrage, Rêves de sable, en 2003, puis Téhéran sans autorisation en 2009.

  • Houchang Bahiraei

    Houchang Bahiraei

    Houchang Bahiraei est architecte, originaire de Téhéran.

  • Morgan Magnin

    Morgan Magnin

    Morgan Magnin est maître de conférence à l’École Centrale de Nantes et évolue dans le milieu de la bande dessinée et du cinéma d’animation. Il a participé à la création du magazine professionnel Mangajima consacré au manga et à l’animation japonaise, et assure des missions de conseil artistique pour les Utopiales et le Festival International de science-fiction.

  • Nader T. Homayoun

    Nader T. Homayoun

    Nader T. Homayoun est né à Paris en 1968. De nationalité iranienne, il réalise depuis 10 ans des oeuvres de fiction et compte sept courts-métrages à son actif. En 2009, il réalise son premier long métrage, Téhéran, qui sera sélectionné en compétition officielle au festival de Venise et remportera le Prix du Jury au festival Premiers Plans d’Angers.

  • Maya Schweiser

    Maya Schweiser

    Maya Schweizer est née en France. Artiste, réalisatrice, elle fait des études en arts plastiques à Aix en Provence puis d’inscrit à Leipzig en photographie. Elle a participé à des expositions à l’échelle internationale et à reçu le prix du programme allemand au Oberhausen Film Festival en 2006. Elle vit à Berlin.

Festival Ville et Cinéma de la Maison de l'Architecture en Ile de France : «Intimité», du 23 au 26 juin 2015